Lors des championnats de France 2026 à Libourne, la Société Nautique de Bayonne a touché les étoiles grâce à l’exploit de cinq rameurs.

Au terme de nombreuses heures de travail acharnées, en bateau mais aussi au sol,les gouttes de sueur se sont mêlées aux larmes de joie pour Noémie BERHONDE, Martin SAITTA, Matys PAILLARD, Lucie HABOURDIN et Axel COMBEAU. Ils décrochent une magnifique médaille d’or, ainsi que le titre de Champions de France, en quatre de couple mixte avec barreur.

Une belle récompense pour un niveau de réussite inégalé depuis 8 ans chez les U15, et une joie partagée par tout un club.

 

 

Le choix de ce bateau était audacieux, car il ne s’inscrivait pas nécessairement dans les traditions et les habitudes du club. D’autres options étaient possibles, peut-être plus conventionnelles, plus rassurantes ou davantage dans la continuité de ce qui avait été fait jusque-là mais ce choix relevait d’une véritable vision stratégique basé sur des éléments simples: la motivation, la régularité, l’envie, la combativité, l’écoute et la capacité à progresser.

Comme le soulignaient les entraîneurs : « Nous avions deux garçons et deux filles qui se dégageaient, avec des niveaux hétérogènes. Il nous semblait donc pertinent de les associer. »

Pour le barreur, tout aussi important que l’équipage, le choix était aussi assez évident. Axel était le candidat idéal. Habitué à barrer “des copains”, il a su s’adapter rapidement et très naturellement les rameurs ont pu s’appuyer sur sa maturité, son vécu et sa sérénité.

Une fois la composition faite, il ne restait plus qu’à faire glisser, ensemble, la coque sur l’eau.

 

 

La préparation était exigeante, tant sur le plan physique que technique. Pourtant, à aucun moment, les athlètes ne semblent l’avoir vécue comme une contrainte. Au contraire, ils ont progressé ensemble, dans une dynamique collective où l’envie de se retrouver à l’entraînement était aussi forte que celle de se dépasser.

Tous racontent une entente remarquable. Si, au départ, les filles éprouvaient quelques appréhensions à l’idée de ramer avec les garçons, celles-ci se sont rapidement dissipées. La décontraction naturelle des garçons, leur côté spontané, ont très vite contribué à les mettre à l’aise.

Finalement, venir s’entraîner était devenu un plaisir à double dimension : celui de se dépasser, de progresser et de donner le meilleur de soi-même pour atteindre un objectif ambitieux, mais aussi celui, tout simplement, d’être ensemble. C’est sans doute là que s’est construite une grande partie de leur force : dans cette envie de ramer ensemble, de partager l’effort et de vivre pleinement l’aventure collective.

 

 

C’est lors du stage à Soustons que les entraîneurs ont senti qu’un cap était en train d’être franchi. Les conditions étaient alors particulièrement propices à la progression: un plan d’eau idéal et des conditions optimales. Tout était réuni pour travailler, affiner les réglages et faire grandir le collectif.

Mais au-delà de ces conditions favorables, un autre élément allait véritablement changer la perception des entraîneurs : les chronos réalisés sur 1 000 mètres à l’ergomètre. Cet équipage disposait du caractère et de la détermination nécessaires mais aussi d’un réel potentiel physique pour rivaliser avec les meilleurs.

 

Pour nos rameurs, les championnats resteront sans doute l’un des plus beaux souvenirs de leur saison. Les courses se sont enchaînées à la vitesse de l’éclair toutes plus enrichissantes que la précédente, les rapprochant un peu plus de leur objectif. Ils se souviennent encore des mots des entraîneurs avant les premières échéances : « Personne ne vous attend. » Une façon de leur rappeler qu’ils n’avaient rien à prouver, mais tout à construire, course après course.

Le jour de la finale, ils sont montés au départ “le couteau entre les dents”.Aucun doute,aucune crainte, une certitude:c’est leur dernière course ensemble et ils veulent la rendre mémorable. Alignés sur la ligne de départ, les pelles calés dans l’eau, ils attendent que les feux s’éteignent. Gros départ, ils partent “dans le tas”, ils sont aux avant-postes et arrivés à l’enlevage, la fatigue est forte mais ils tiennent et ils relancent et ne lâchent rien jusqu’à la ligne d’arrivée.

 

Ils sont Champions de France.

 

 

De cette victoire, chacun gardera ses propres images : les larmes de Nelson et de Valérie, la chute de Pierre à vélo au passage du bateau sur la ligne d’arrivée, mais surtout l’émotion qui a gagné tout un club. Les accolades sur les pontons, les larmes mêlées aux sourires sur les visages de nos champions, et bien sûr, les plongeons dans le lac pour célébrer ce titre comme il se devait !

Mais au-delà de ces images et de cette joie partagée, cette victoire raconte quelque chose de bien plus grand. Elle est celle de l’engagement, de l’effort, du travail et de la discipline. Elle récompense des jeunes qui ont su croire en eux, se faire confiance, faire confiance en leurs entraîneurs et avancer ensemble.

Elle rappelle aussi que les plus belles réussites sportives se construisent autant dans les valeurs que dans la performance.

 

 

 

Une mention toute particulière au Club de Bergerac!, dont le prêt du bateau a permis à nos jeunes de s’exprimer pleinement. Un soutien précieux qui a largement contribué à rendre cette belle aventure possible. Un grand merci à eux pour leur confiance et leur générosité.

Depuis, une nouvelle saison a commencé. Avec elle, quelques appréhensions aussi, notamment liées aux changements de catégorie et aux nouveaux repères à trouver. De nouveaux objectifs, personnels et collectifs, se dessinent : progresser en skiff, intégrer la ligue, réussir son test des 2 000 mètres à l’ergomètre, se qualifier pour les championnats bateaux courts… Mais surtout, continuer à construire un bateau qui avance, dans une bonne ambiance et avec toujours autant de plaisir à ramer.

 

Et même si chacun avance désormais avec ses propres objectifs, nos rameurs gardent quelque part dans un coin de leur tête le souvenir de cette belle aventure. L’envie de reformer un jour cet équipage est bien présente, avec, pourquoi pas, l’ambition de décrocher une nouvelle médaille. Car après avoir goûté à une telle aventure, difficile de ne pas avoir envie de recommencer…

 

✍️ avec la collaboration de Charlotte Salzard.